SAVANNAKHET

La ville et son histoire

Au centre de la ville, on trouve d'abord ses fondations religieuses et politiques:
L'AUTEL DES GENIES FONCIERS.

Le mythe de fondation de la ville raconte que le territoire actuel de Savannakhet était sous dépendance d'un "muang", (chefferie) non lao car dirigé par des seigneurs Phou Thai qui, venant de la région de Thakhek, s'étaient établis au village de Phonesim (Nord-Est de la ville), près du célèbre sanctuaire de That In Hang. La présence des lignages des fondateurs ordonne la structure de la ville.

D'abord, à travers l'autel des génies tutélaires du territoire qui marque le coeur de la ville. Pavillon sur pilotis dans la berge du Mékong, l'endroit ne paie pas de mine; on dirait une pavillon délabrée, destinée au repos du voyageur. Il est pourtant de première importance pour le bien-être et la prospérité de la cité car il recèle l'abri des génies tutélaires du territoire. Ils sont considérés comme des ancêtres défunts, anciens gouvernants du territoire qui, après leur mort, passent dans le monde des esprits, tout en continuant à veiller sur le terroir et ses habitants.

Ils sont, moyennant un traitement adéquat , les garants de la paix et de la prospérité du lieu ainsi que de la santé et de la moralité des habitants. Le génie doyen a, pour surnom, le "Seigneur au dos rapiécé".

On raconte qu'au début de la colonisation, c'est-à-dire à la fin du siècle dernier, la région était infestée de pillards. A plusieurs reprises, les autorités françaises avaient mis la main sur leur chef - l'aieul du célèbre Ku Voravong, ancien ministre au nationalisme ombrageux qui a donné son nom au stade et l'avaient fait sévèrement bastonner. Rien n'y faisait. Un brigand resterait toujours un brigand, à moins que...

Une idée traversa le casque colonial du Résident français d'alors, qui décida de confier sur le champ à ce chef-pillard, le poste de "chef de district", ou "chao muang", en laotien, littéralement "seigneur du territoire". Et c'est ainsi que l'ordre fut rétabli, les impots acquittés et les corvées effectuées. Les anciens racontent le "Seigneur au dos rapiécé n'osait pas enlever sa chemise de peur de laisser voir les traces des nombreuses bastonnades, laissées sur son dos lacéré..

That inghang
That Inhang, stupat sacré de Savannakhet

[ Retour ] [ D'autres images ] [ Visiter pays ]